Anna

Chaque mois, retrouvez le portrait d’une femme à travers son parcours capillaire. En toute intimité, elle nous livre son histoire... 

 

Découvrez aujourd’hui Anna, une jeune femme pétillante qui nous confie avec humour et sincérité, son histoire face à l’alopécie

 Blog alopécie Mai's Secrets-Portrait d'Anna

Quelques mots sur toi ?  

Je m’appelle Anna, j’ai 35 ans, je suis mariée. J’ai eu plusieurs vies professionnelles toujours autour de la beauté et de la féminité. J’ai toujours été une itinérante dans ma vie professionnelle, que ce soit démonstratrice de vente dans des grandes maisons prestigieuses tels que Chanel, que responsable de stand ou formatrice internationale. Cependant je me suis arrêtée cette année parce que j’avais envie de changement, de renouveau. J’ai voulu m’affranchir de tout ce qui avait été compliqué pour moi ces dix dernières années, par rapport à ma chute de cheveux en 2008. 

J’ai alors décidé de me mettre sur les réseaux sociaux et de me montrer pour la première fois, sans perruque ni maquillage. A travers ce post, je voulais illustrer le pouvoir du maquillage, la différence de regard que les uns peuvent porter sur les autres et comment on peut transformer son regard. Six mois plus tard, l’aventure continue ! J’essaye de trouver ma place et de dédramatiser l’univers de la beauté. 

Mes cheveux & moi

Comment étaient tes cheveux avant ? 

    J’avais de très très beaux cheveux et j’insiste car c’était presque un signe distinctif chez moi. A chaque fois que les gens me décrivaient ils disaient toujours : « tu sais la belle brune avec les longs cheveux ». J’avais une chevelure très épaisse, très brune, un peu comme les italiennes. Tout comme mes cils qui étaient eux aussi, très longs et très fournis. C’était vraiment ce qui me caractérisait le plus aux yeux des autres. 

    Quel rapport entretenais-tu avec tes cheveux ? 

      Je n’en prenais pas un soin particulier parce qu’ils étaient vraiment faciles d’entretien. Je pouvais en faire tout ce que je voulais : les raidir, les onduler… je n’avais pas besoin de faire grand-chose pour qu’ils aient de l’allure. 

      A l’époque où les filles se faisaient des mèches, allaient chez le coiffeur, je préférais le faire par moi-même. Je ne les ai jamais colorés hormis une fois ! J’avais fait des mèches mais finalement j’avais trouvé ça ringard. 

      J’entretenais un rapport assez sain avec mes cheveux, ils ne m’embêtaient pas, ils étaient de bons compagnons de route. 

      Quelles étaient tes habitudes de soin, tes rituels ? 

        Aucun ! Au contraire, j’ai toujours eu beaucoup de rituels dans l’univers de la beauté avec les crèmes, le maquillage… autant avec mes cheveux, je n’avais pas du tout besoin. Ils étaient à la fois hyper dociles et hyper forts. A la différence des autres filles, je n’avais aucune angoisse qu’ils prennent la pluie parce que quoi qu’il arrive, ils étaient toujours jolis. 

        Le jour où tout a basculé...

        A quel moment ton rapport aux cheveux a changé ? 

        C’était en 2008, lors d’un été à Cannes. J’étais avec une copine à la plage et en rentrant, j’ai voulu me laver les cheveux. Je me suis rendue compte que j’avais un nœud impossible à démêler et je suis restée coincer au moins une heure à enduire mes cheveux de dêmelant etc… Je n’ai jamais réussi à le défaire, c’était très impressionnant. Il se situait près de ma nuque et j’ai fini par le couper. 

        L’histoire aurait pu s’arrêter là mais quelques temps après, en me grattant la tête, j’ai senti ma peau à nue. J’ai trouvé ça bizarre et j’ai demandé à une amie de prendre une photo de ma nuque. Elle me dit qu’il me manque beaucoup de cheveux et que j’ai un trou aussi large qu’une pièce de 2 euros. Je pars voir le médecin qui m’annonce que je fais une petite pelade probablement parce que je suis stressée etc… 

        Je ne sais plus si j’étais en proie au stress à cette époque mais quoi qu’il en soit, il me prescrit une cure de vitamines en me disant que mes cheveux repousseront dans quelques mois. Evidemment, cela n’a rien changé, ça a même empiré. Mes cheveux ont continué à tomber et je retrouvais des masses partout, dans la salle de bain, dans mon lit. C’était très compliqué à vivre. 

        J’ai fini par aller à l’hôpital Saint-Louis, un établissement spécialisé dans le cuir chevelu. Ils m’ont confirmé que je faisais une pelade et que cela allait s’améliorer avec les UV médicaux. Ce traitement avait pour but de réduire l’inflammation et d’empêcher la chute de cheveux. J’ai fait quelques séances mais le mécanisme était déjà enclenché, il était trop tard. 

        Mes cheveux n’ont cessé de tomber et je me sentais totalement impuissante.  Blog alopécie Mai's Secrets-Portrait Anna @disruptive_beaute

        Quelles ont été les conséquences sur ton quotidien ? 

        Ce fut très compliqué car j’étais responsable d’un stand d'un grand magasin parisien et du jour au lendemain, j’ai dû venir avec un foulard sur la tête. Je n’avais quasiment plus aucun cheveu et c’est à ce moment que mes ennuis de boulot ont commencé. Je ne correspondais plus à l’image de marque et je faisais face à des personnes insensibles. 

        Elles ne comprenaient pas ce qu’était une pelade, à vrai dire moi-même je découvrais. Mais quelqu’un qui perd ses cheveux de façon si soudaine, ce n’est pas anodin. Je ne m’étais pas rasée la tête volontairement, auquel cas, j’aurais compris que ce n’était plus en accord avec la marque. 

        Peu de temps après je me suis faite licenciée et cela a achevé cette descente aux enfers. Je perdais mes cheveux, j’étais stressée et là je perdais mon job. On m’a mis dehors comme une pestiférée en me demandant de prendre mes affaires et de m’en aller. J’ai porté l’affaire aux Prud’hommes par principe, car non, je n’avais pas commis d’erreur. J’ai d’ailleurs gagné cette bataille judiciaire. 

        Suite à ça, je me suis retrouvée sans rien, sans attache. J’ai fait une séance de bolus de cortisone où j’ai été hospitalisée pendant trois à quatre jours pour me mettre de la cortisone en intraveineuse. Ce fut une expérience horrible à supporter autant sur le plan physique que mental. Quand je suis sortie, je n’avais qu’une idée en tête, m’en aller. Je voulais partir loin, quelque part où je ne connaitrais personne et où je pourrais souffler. Je souffrais, mais ceux qui m’entouraient, souffraient aussi de me voir m’éteindre… D’apparence, je n’avais pas mal quelque part mais intérieurement c’était extrêmement douloureux. C’était une perte d’identité profonde. 

        Comment cela a été accueilli par ton entourage ?

          Ce fut très douloureux, surtout pour mes parents. Le fait que je parte, a entraîné chez eux un sentiment d’échec de ne pas avoir réussi à me retenir. Je me mets à leur place et ils ont sûrement pensé qu’ils n’avaient pas su faire. A mon avis, personne n’aurait su faire. Heureusement, cette expérience fut vraiment bénéfique pour moi, de partir sans connaître personne. Toutes les nouvelles personnes que je rencontrais, me découvraient comme ça. Bien sûr, je devais me justifier car souvent les gens confondent alopécie et cancer. 

          Je suis partie m’installer en une semaine à cinq heures d’avion de la France, à Tel-Aviv. Cette décision soudaine fut difficile à accepter pour tous mes proches. Malgré tout, je pense qu’ils ont compris la démarche. Avec le recul, je sais que cela a été extrêmement salvateur. 

          Cela a-t-il affecté ton estime de toi ? 

            Lorsque l’on est soumis au regard de l’autre et qu’on y est un peu sensible, il suffit d’un matin où on se lève avec une sale tête, pour se sentir mal dans ses baskets lorsque les autres le remarque. J’ai perdu mes cheveux du jour au lendemain et quand les gens vous voient changer et portent ce regard mi compatissant, mi inquisiteur, c’est dur à gérer. On n’a pas envie de se justifier et j’ai alors commencé à fuir les gens, à les éviter au maximum. On n’a pu penser que j’étais hautaine alors que je n’avais juste pas envie d’en parler. C’est complexe par le fait que les gens ont envie d’être sympa et peuvent parfois être bienveillants ou penser l’être en vous prodiguant des conseils. Au fond, je n’avais aucunement envie que l’on me dise ce que je devais faire. Mes cheveux, c’était mon signe distinctif, j’étais « la fille aux cheveux longs » et tout d’un coup, il n’y a plus de cheveux. J’étais maquilleuse donc je sais camoufler la perte des sourcils et des cils mais les cheveux ce n’est pas pareil. Accepter de passer à la perruque a été une étape très difficile. Il fallait admettre que c’était fini, qu’il fallait passer à autre chose. 

            Mes cheveux, ma perruque & moi 

            Quel regard portais-tu sur les perruques ? 

              Il y a dix ans, les perruques ça se voyaient. Ce n’était pas les belles perruques d’aujourd’hui qui passent inaperçues, indétectables. Je n’aurais jamais imaginé un jour en porter et j’étais insouciante à ce sujet, je n’y pensais pas. 

              Auparavant, si je pensais perruque, je pensais inévitablement au monde juif pratiquant. A vrai dire, je suis de confession juive et les femmes mariées qui conservent les traditions doivent couvrir leurs cheveux pour leurs maris.

              Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur ?

                L’élément déclencheur a été lorsque je n’ai plus eu le choix. J’avais beau ramener mes cheveux sur le devant, ça finissait par se voir à l’arrière de la tête. Je ne pouvais plus cacher mon alopécie. A l’époque, il n’y avait pas les réseaux sociaux et les femmes chauves ne se montraient pas. Aujourd’hui, grâce au #alopecia partagé plus de 800K, cette maladie ne reste plus dans l’ombre. 

                Raconte-nous l’achat de ta première perruque… 

                  A l’horizon janvier 2009, j’ai compris que je ne pouvais plus rien faire, la perruque était inévitable. Ma mère m’a accompagné pour l’achat de ma première perruque et cette première fois fut très violente. Elle connaissait quelques fournisseurs du fait d’être juive orthodoxe puisque ce sont les femmes qui portent des perruques depuis très longtemps. Elle a su m’orienter. Le cheveu était naturel, il n’y avait pas de « problèmes » avec la perruque en elle-même. Seulement, ce n’était pas moi car ce n’était pas ma coupe. Je ne pouvais pas prendre une perruque longue car je n’avais plus de cheveux pour l’accrocher. 

                  Cette première expérience a été un mélange de sentiments contradictoires. J’étais contente que ma perte de cheveux ne se voit plus mais cette coupe carrée un peu plongeante avec une grosse frange ne reflétait pas ma personnalité. Ça allait, mais au fil du temps, je n’arrivais plus à la porter. Il fallait mieux que j’en fasse une sur-mesure qui ressemble à mon ancienne coupe. Heureusement en rencontrant des femmes à Tel-Aviv qui étaient dans ce business, j’ai pu me faire une perruque sur-mesure. Un modèle qui ressemblait à ma coupe d’avant pour mieux me réapproprier mon image.  

                  La rencontre avec Mai’s Secrets

                  Comment as-tu découvert Mai’s Secrets ? 

                    C’est lorsque j’ai commencé mon aventure sur les réseaux sociaux en postant une photo avec une perruque. J’avais mis le #lacewig et je pense que Maï devait être abonné à ce hastag puisque c’est comme ça qu’elle a découvert mon profil. Elle a liké mes photos et je suis allée voir qui était cette personne qui me like ? (rires). J’ai regardé son travail et comme il s’agissait de perruques ça m’a intéressé. J’ai laissé un commentaire sous l’une de ses photos en disant : « moi qui porte des perruques depuis dix ans, c’est un vrai travail de pro et je sais de quoi je parle ». Elle m’a répondu dans la foulée : « c’est très drôle parce que je suis en train de vous écrire un mail au moment même où vous me laissez un commentaire, les grands esprits se rencontrent. »

                    En effet, je recevais son email dans la minute, et on s’est naturellement dit qu’il fallait que l’on se rencontre. On ne savait pas vraiment pourquoi, mais on sentait qu’il y avait quelque chose à faire. On a pris un café ensemble un jour et le courant est passé. Elle m’a dit qu’elle aimait ce que je dégageais, mon énergie… et elle m’a demandé si j’accepterai de poser pour Mai’s Secrets le temps d’un shooting. L’idée m’a séduite et j’y suis allée ! C’est ainsi qu’un profond respect mutuel et une belle amitié est née. 

                    Qu’est-ce qui t’a donné envie d’essayer les perruques Mai’s Secrets ?

                      Cela s’est déroulé lors du pré-shooting. Maï avait étalé pleins de perruques sur le divan et en voyant tous ces modèles je lui dis : « C’est magnifique ce que tu fais ! ». Elle était soulagée car elle avait eu peur que cela ne me plaise pas. Il y avait des modèles différents dont une perruque blonde. Comme je l’ai dit auparavant, je n’avais jamais rien fait à mes cheveux, jamais osé les couleurs. Quelques semaines avant, j’avais testé la perruque blonde de l’une de mes amies. J’avais posté la photo sous la légende : « Qui vote pour que je porte du blond désormais ? » n’imaginant pas une seconde que cette photo deviendrait l’une des plus likées et commentées ! Du coup, c’était une évidence pour moi d’essayer la blonde de Mai’s Secrets. Je passe la perruque et là, ce fut le coup de foudre, il me fallait cette perruque ! Je suis repartie avec le jour même ! 

                      Quelles ont été tes premières impressions ?

                        Maï m’avait appris à coller ma perruque et ça fait toute la différence ! Je peux me faire une queue de cheval, un chignon etc…  Lorsque je suis rentrée chez moi, ce fut une expérience vraiment intense. Sans rien dire à mon mari, je suis revenue avec ma perruque blonde coiffée en chignon négligé comme j’aimais tant mais que je ne pouvais plus faire depuis dix ans. Il m’a regardé et m’a dit avec les larmes aux yeux : « C’est tellement naturel ! Tu es tellement belle en blonde ! Je n’aurais jamais imaginé vu que tu as toujours été brune. En plus, ce chignon négligé ça te va trop bien. » Cela a été un très beau moment à partager avec mon mari et finalement un grand succès. Tout mon entourage a adoré ! 

                        Blog alopécie Mai's Secrets-Portrait d'Anna  disruptive beauté

                        Qu’est-ce que cela a changé pour toi ? 

                          La vraie nuance entre les perruques de Maï et celles que j’avais, réside dans le sens du détail. Pour être plus précise, si je veux me faire une coiffure et mettre mes cheveux derrière l’oreille, on voit mon crâne. Etant donné que je n’ai plus de cheveux, il me manque les tempes où normalement il y a des petits cheveux. Maï, elle-même concernée par ce problème, a l’œil pour ce genre de choses. De ce fait, elle ajoute ce que l’on appelle des « baby hair » ces cheveux très fins qui ornent le visage. Grâce à ça, ça change tout ! 

                          Comment vis-tu dorénavant ton alopécie par rapport à toi-même et aux autres

                            J’ai arrêté de m’excuser, j’ai arrêté de m’en vouloir et de me demander sans cesse « pourquoi ? pourquoi ? ». Aujourd’hui, je lis ce même mot d’une autre façon qui est « pour, quoi ? » c’est-à-dire pour que j’en fasse quoi ? C’est un mot avec deux possibilités de lecture et j’en suis à la deuxième version. Je me sens très bien maintenant vis à vis des autres. C’est un cercle très vertueux qui s’opère avec Instagram et sur mon compte. Je reçois énormément de bienveillance de la part des personnes qui me suivent. Au final je me suis rendue compte que, sans le savoir, je donnais beaucoup de pouvoir à des femmes qu’elles soient concernées par l’alopécie ou pas. Elles me disent que je suis solaire, que je véhicule un message très positif, que c’est un bonheur de me suivre. Ce sont des messages qui me boostent et qui me donnent envie de me dire que oui, on peut voir le verre à moitié plein et non à moitié vide. On peut vivre une belle vie même s’il nous manque quelque chose d’important en tant que femme.  

                            Aujourd’hui, quel regard portes-tu sur les perruques ?

                              Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire. On remarque que même pour les femmes qui n’ont pas de problème de cheveux, la perruque devient presque un accessoire. Lorsque l’on voit Kylie Jenner par exemple, tout le monde a envie de cette chevelure épaisse et pourtant il s’agit bien d’une perruque. La perruque s’est énormément démocratisée et elle offre des possibilités incroyables. Pour celles qui n’ont pas de cheveux, elle sauve un état d’âme, c’est fantastique. Les fabricants deviennent de plus en plus sensibles aux retours des clients, à l’amélioration de leurs produits. Tout cela va en s’améliorant, c’est une très belle aventure la perruque.  

                              Si le parcours d'Anna vous a touché et que son univers vous inspire, n’hésitez pas à la suivre sur son compte instagram @disruptive_beaute. 

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                              Interview réalisée par Allison Devillers

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                              Deux dames fortes qui se croisent ça donne ce résultat. Bonne continuation

                              Fatou 04 septembre 2019

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