Claire

Retrouvez le portrait d’une femme à travers son parcours capillaire. En toute intimité, elle nous livre son histoire... 

A 20 ans à peine, Claire est touchée par l’alopécie. 10 ans plus tard, cette personnalité solaire revient sur son histoire non sans un trait d’humour. 


Quelques mots sur toi

Je m’appelle Claire, j’ai 30 ans et je suis installée dans le Sud de la France à Aix-en-Provence. Je vis en concubinage depuis deux ans. Professionnellement, je travaille en tant qu’assistante dans une boîte de produits traiteur en grande surface. Aujourd’hui, je suis surtout en plein projet de déménagement avec mon copain, de changement de vie avant de se poser. Il y a 10 ans que j’ai perdu mes cheveux, aujourd'hui je ne suis plus obsédée par ça. 

Mes cheveux & moi

Comment étaient tes cheveux avant ? 

    C’est une bonne question ! C’est marrant comme la mémoire est mystérieuse parfois (rires). J’avais les cheveux châtain clair, plutôt fins et raides. Ils étaient mi longs, avec une mèche sur le côté. Quand j’étais plus petite, ma mère me faisait porter la frange et plus grande j’ai opté pour la mèche. C’est seulement lorsque j’ai perdu mes cheveux que je suis revenue à la frange pour des questions pratiques avec la perruque. 

    Quel était ton rapport avec tes cheveux ? 

      Je les entretenais très peu, hormis le fait que j’allais souvent chez le coiffeur pour un balayage ou des mèches. Comme ils étaient châtains, j’aimais bien les éclaircir d’un ton pour donner un effet retour de plage (rires). Sinon j’étais assez cool avec et ils me le rendaient bien. 

      Quelles étaient tes habitudes de soin, tes rituels ?

      Je suis une fille naturelle donc je vais à l’essentiel. J’appliquais du démêlant quand j’avais le temps, mais sinon je n’avais pas de routine particulière. Je n’étais pas du genre à faire un soin après le shampoing, à avoir le brushing parfait… 

      Le jour où tout a basculé...

      A quel moment ton rapport aux cheveux a-t-il changé ? 

        Cela s’est fait par étapes. Ça a démarré en 2008 par des plaques. Ce fut une perte progressive car les premières plaques ont commencé à repousser mais cela s’est vite transformé en perte diffuse. Petit à petit, j’ai compris que ça partait en vrille et qu’il fallait que je fasse le deuil de mes cheveux. Il a dû s’écouler six mois entre le moment où mes plaques ont commencé à apparaître et le moment où j’ai eu réellement besoin d’une perruque. A cette époque, j’avais 20 ans. 

        Je m’en suis aperçue tout bêtement en me grattant la tête, un jour en terrasse avec des amis et mon copain. J’ai senti un truc bizarre juste au-dessus du cou, en bas du crâne. Au toucher c’était étrange parce que c’était tout lisse. A cet instant, je n’imaginais pas une seconde que cela puisse être de l’alopécie car je n’en avais jamais entendu parler. Je suis allée voir le médecin qui m’a dit que c’était peut-être une teigne. J’étais dégoûtée sur le coup à l’idée que cela puisse être le cas. Finalement avec le recul, j’aurais préféré que ça ne soit qu’une teigne (rires). J’ai donc fait un prélèvement qui n’a rien donné. J’ai consulté un dermatologue qui m’a expliqué que les plaques par plaques c’était relativement fréquent, qu’il ne fallait pas s’affoler. 

        On a appliqué du gel sur les plaques au fur et à mesure qu'elles apparaissaient. Et cela a relativement bien marché car mes cheveux ont commencé à repousser. Malheureusement, peu de temps après, ils sont retombés et cette fois de façon diffuse, c’est-à-dire que lorsque je me lavais les cheveux, j’en avais plein les mains. 

        J’ai su par la suite que j’avais une pelade, une maladie auto-immune qui reste encore inexplicable pour beaucoup de médecins.

        Il peut y avoir des éléments déclencheurs tels que le stress, un choc émotionnel… Dans mon cas, je n’ai jamais su ce qui avait pu entraîner une telle réaction. 

        Quelles ont été les conséquences sur ton quotidien ? 

          Au début ce n’est pas simple, parce qu’il y a toute une organisation, une logistique à mettre en place. Premièrement, il y a la problématique de savoir où trouver une perruque. Il se trouve que ma mère a eu un cancer du sein il y a 20 ans, et le coiffeur chez qui elle allait pour sa perruque exerçait toujours. J’ai donc fait simple et efficace et je suis allée chez le même. 

          J’ai acheté ma première perruque d'une grande marque connue par les femmes atteintes d’un cancer. Certes, c’était très bien car la boutique se trouvait dans ma région, mais le problème c’est que c’était hors de prix. Vraiment hors de prix sur cheveu naturel. Etant donné que je la porte tous les jours, elle s’abîme relativement vite. Lorsque je me suis aperçue au bout de six mois que ma perruque ne ressemblait plus à rien, je me suis dit qu’il fallait que je trouve un plan B. C'est là que j’ai commencé à regarder sur Internet. J’ai vu qu’il y avait énormément d’offres et de choix, ce fut une véritable découverte pour moi. 

          Comment cette situation a-t-elle été accueilli par ton entourage ?

            Ma famille a suivi toute l’histoire depuis le début. Ils ont été très sereins parce que c’est ce que je leur ai demandé. Ils ont respecté ma volonté. Ensuite, avec le cercle un peu moins proche, j’ai fait un blocus complet, je ne voulais pas que les gens le sachent. J’ai créé une espèce d’omerta autour de ça, je le regrette un peu maintenant. Je ne voulais absolument pas que cela se sache, c’était tabou. Aujourd’hui je lève le voile, mais forcément c’est un peu plus compliqué pour certains proches qui ne comprennent pas pourquoi je n’ai rien dit depuis tout ce temps. Heureusement, maintenant je n’ai aucun complexe à en parler. 

            Ton estime de toi en a-t-elle été affectée ? 

              Cela n’a pas affecté l’estime de moi c’est plutôt mon quotidien qui a changé. Pour être honnête, ça me saoule (rires) ! Je ne me trouve pas diminuée en tant que femme mais c’est la logistique que cela représente. Le côté pas pratique, même si les perruques sont top, il y a des jours où j’en ai marre de coller mes cils, d’entretenir ma perruque, cela me prend la tête. C’est plus la lassitude de refaire les mêmes gestes. J’aimerais pouvoir prendre un chouchou et me faire un chignon à la va-vite parce qu’il fait chaud, mais non je ne peux pas. 

              Cela fait 10 ans désormais, je suis plus à l’aise qu’au début. J’ai réussi à trouver des produits qui me conviennent parfaitement, ça facilite les choses. En ce qui concerne la phase de deuil, cette période où il faut accepter que tes cheveux ne repousseront plus, cela s’est fait rapidement. Je suis cartésienne et très terre à terre donc les choses sont comme elles sont, il faut apprendre à les accepter. Pour moi, cela ne sert à rien de ressasser, il faut avancer. Je me retourne très peu sur les évènements. J’ai très vite compris que j’avais le choix entre l’acceptation ou le refus en bloc et rester cloîtrer chez moi. Dans ma tête, il n’y avait pas de demi-mesure possible. Il était évident que la seule solution c’était d’avancer. 

              Mes cheveux, ma perruque & moi 

              Quel regard portais-tu sur les perruques ? 

                Avant que je porte des perruques, elles représentaient la maladie, la chimiothérapie. Je ne savais pas  que la pelade existait. J’étais très mal informée sur les raisons de mettre une perruque. En dehors de la coquetterie, c’était pour moi un signe extérieur que la personne était malade. 

                Raconte-nous l’achat de ta première perruque… 

                  Je n’ai pas eu d’étapes transitoires avec le port du foulard par exemple. Pour moi cet accessoire évoquait le cancer, la maladie ce n’était pas envisageable pour moi. 

                  C’est pour ça que la perruque était inévitable. Le jour où j’ai acheté ma première perruque, c’était bizarre. D’un côté c’était cool parce que j’avais une solution mais de l’autre, j’avais encore l’image de mes cheveux en tête donc je n’arrivais pas à me projeter. Ce n’était pas la normalité à mes yeux. Le premier modèle que j’ai acheté, était en cheveux naturels, blond cendré, mais trop volumineux par rapport à ma nature. Je me souviens que je n’arrêtais pas de demander à la coiffeuse de désépaissir toujours plus. Evidemment, ma perruque n’a pas fait long feu à force d’enlever de la masse. Ce n’était pas moi du tout, j’avais l’impression d’être Sheila (rires). Pourtant j’ai opté pour celle-ci parce que je ne m’étais pas du tout renseignée sur internet et qu’il me fallait faire un choix. J’étais dans cette boutique, il devait y avoir 12 modèles, j’ai choisi la moins pire. Puis, je me suis dit que c’était l’occasion d’essayer le blond ! 

                  La rencontre avec Mai’s Secrets.

                  Comment as-tu découvert Mai’s Secrets ? 

                  J’ai commencé à les commander en ligne après ma première perruque en boutique. Elle s’était abîmée très rapidement et étant donné le prix, il me fallait trouver une alternative. J’avais trouvé un site fiable qui me convenait mais pas encore chez Mai’s Secrets à cette époque. Un jour, le site a totalement crashé, impossible de les contacter. Du jour au lendemain, je n’avais plus de fournisseurs. C’était la panique totale et je me suis remise en quête de nouvelles perruques. J’ai fait une recherche google et je suis très vite tombée sur le site Mai’s Secrets. C’était il y a 5 ans maintenant. Je pense que c’était ses débuts car il n’y avait pas le panel de couleurs qu’elle propose aujourd’hui. La couleur la plus claire était un châtain assez foncé. Je n’étais pas sûre donc je lui ai envoyé un mail pour lui demander conseil. Je ne m’attendais pas à une réponse dans l’immédiat et pourtant, elle m’a répondu dans la foulée. On a commencé à échanger et le feeling est passé, j’ai donc décidé de passer commande. J’ai été tout de suite conquise par le résultat puisqu’elles sont de meilleure qualité que celles que j’avais. 


                  Qu’est-ce qui t’a donné envie d’essayer les perruques Mai’s Secrets ? 

                    En parcourant son site, je me suis vite rendue compte que c’était ce qui me convenait : au niveau des tailles, du tulle, des termes employés… bref tout correspondait. J’avais seulement une petite hésitation sur la couleur. C’est grâce aux échanges que l’on a eus que j’ai été réellement convaincue. 

                    J’avais opté pour un modèle personnalisé avec un bonnet simple et le skin top sur le dessus, le silicone sur les côtés et sans élastique pour éviter le bourrelet à l’arrière du crâne. Côté style, j’avais choisi du cheveu birman avec une coupe mi-longue, raide et châtain. 


                    Quelles ont été tes premières impressions ? 

                      Auparavant, j’avais l’habitude d’acheter des bonnets à cran. C’est un système que je trouvais assez pratique lorsque tu n’es pas trop sûre de tes mesures, ça permet d’ajuster. Le problème c’est que si tu resserres trop, ça crée un effet sur le tissu qui forme un petit boudin. En changeant de fournisseur, j’ai voulu tester un autre modèle et ça a été la révolution ! Là, je peux passer la main dans mes cheveux sans problème, on ne sent pas le bonnet. Autre avantage, c’est que la couleur ne passe pas. Depuis que j’achète mes perruques chez Mai’s Secrets, je n’ai plus besoin de refaire de couleur pour conserver la teinte d’origine. C’est top !


                      Qu’est-ce que cela a changé pour toi ? 

                      A vrai dire, quand je vivais seule, je la quittais tous les soirs. De fait, elle s’abîmait moins.  Maintenant que je suis en couple, même si mon copain est au courant, il m’est impossible de l’enlever devant lui. Forcément, elle se détériore un peu plus rapidement mais cela est dû à la façon dont je l’utilise. Je la retire une à deux fois par semaine pour la nettoyer. Autrement, à mon sens, la clé d’une bonne perruque, c’est d’avoir les bonnes dimensions. 


                      Comment vis-tu dorénavant ton alopécie par rapport à toi-même et aux autres ?

                        Je le vis bien, seulement comme je l’évoquais précédemment, c’est parfois fatiguant au quotidien. Après, je pense qu’il y a plus contraignant sur terre que de porter une perruque. Aujourd’hui je ne me prive plus de rien, hormis peut-être de sauter en parachute (rires). Cela ne m’a jamais empêché de faire quoique ce soit. La seule chose, c’est que l’on a toujours une petite pensée lors d’une situation nouvelle, en se demandant « mais qu’est-ce que cela va donner si je fais ci ou ça ». Aujourd’hui j’en parle plus facilement même si je ne sens pas capable de quitter ma perruque devant mes amis et mon copain. Je crois que ce qui me freine, c’est que je n’ai pas envie de mettre les gens mal à l’aise, même si au fond ils s’en fichent, ils m’acceptent comme je suis. 


                        Aujourd’hui, quel regard portes-tu sur les perruques ?

                        Etant donné que je me suis initiée à un nouveau monde, je suis plus au fait des utilisations d’une perruque. Désormais, je sais que l’on peut porter des perruques par coquetterie et non uniquement parce que l’on est malade. Instagram aide beaucoup en ce sens, ça amène à plus d’ouverture d’esprit. Malgré tout, la perruque reste pour moi un objet qui est là pour pallier. Je le vois surtout comme un accessoire qui te sauve la vie. 



                        As-tu un message à transmettre pour celles qui nous lisent ? 


                        J’aimerais dire à toutes celles qui passent par ici que ce n’est pas si compliqué que ça à gérer. Cela peut paraître insurmontable mais franchement avec les bons outils on y arrive. Du coup, message pour Maï, surtout n’arrête pas ton site et continue de faire de super perruques s’il te plaît ! (rires)


                        Ceci est mon histoire mais je ne veux pas que l’on me résume à mon alopécie. Ce n’est pas ce qui me définit. Je ne renie pas ce qu’il m’est arrivé mais cela correspond à un chapitre de ma vie et non au livre entier. 


                        Interview réalisée par Allison Devillers

                        Ecrire un commentaire

                        Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés